parce que lorsque je suis nu tes yeux ne me déshabillent pas

et ça c'est un vrai problème qu'on en parle pas assez mon bon monsieur



alors bien sur au premier degré on ne voit qu'une poupée gonflable qui chantegesticule sur une boite à rythme entêtante, reflet du pire que peux nous produire la télé-poubelle (et des producteurs véreux) et digne tête de prouegondole au panthéon de mes pires pouffiasseries (comprendre musique improbable mais dont l’écoute quoique honteuse provoque une irrépressible satisfaction).

mais ce que nous raconte loana est universel (et fédérateur… c’est pour ça que les gens achètent) : quand elle dit "parce qu’à tort ou à raison, je te veux plus fort que toi", c’est bien la quête vaine des jeunes filles et des jeunes pédé-sexuels d’aujourd’hui pour ce prince charmant idéal (et introuvable voire inexistant) qu’elle vise...

et quel couple ne retrouve pas la désespérance de son quotidien qui s’effrite dans les laconiques "parce que depuis qu’on se parle, nous deux on ne s’entend plus" et "parce que pour être avec toi, j’invente une vie à deux" ?

force est de constater que derrière ses aspects de chanteuse (?) décervelée, ce que met en exergue loana par ses allégations répétitives touche, au plus profond d’entre nous, à la peur de voir l’autre partir, à la baisse du désir, à la fin de l’amour, ce moment désespérant où l’on voit l’autre s’éloigner…

ne peut on faire un parallèle déchirant entre sa fragilité vocale et l’impuissance ressentie par chacun face à l’indifférence grandissante dans les yeux de l’autre ?

ce type de chanson est calibrée pour vous rester dans la tête dès la première écoute, et c’est finalement une de ses vertus, pouvoir devenir un mantra rassurant...

Commentaires

Anonyme a dit…
Epaté par tant de justesse dans l'analyse. Même pas envie de me moquer de la chanteuse (euh...de la chorégraphie alors ?).
Anonyme a dit…
(...) mon Dieu, je ne me doutais pas que tu allais SI MAL.