rendons aux césars ce qui est aux césars (et à carla ce qui est à carla)
vendredi dernier se tenaient donc les césars, cérémonie incontournable et pourtant communément décriée pour son ennui et le caractère discutable de ses distinctions souvent jugées élitistes et trop démarquées du "choix du public" (à savoir le box office)
cette année n'a pas dérogé à la règle et certains seraient tentés de blâmer l'injustice qui a frappémarceeeeeeeeeeeeeeeeel la môme vendredi dernier face au triomphe de la graine et le mulet, d'Abdellatif Kechiche reparti avec les 3 prix les plus prestigieux (film, réalisateur, scénario original)
vu tout le mal que je pense du premier, on ne s'étonnera pas que je me réjouisse pour le second, que j'ai vu à sa sortie en décembre dernier mais dont je n'avais pas pris le temps de parler ici
aussi je voudrais ici tordre le coup à certains lieux communs :
réglons d'emblée le problème du public : sorti discrètement (90 copies en première semaine) et sans aucune vedette, le film est toujours à l'affiche au bout de 10 semaines d'exploitation et cumule à ce jour 700 000 spectateurs.
Certes ce ne sont pas les 5 millions de la môme mais tout de même des scores que rêverait d'atteindre un certain nombre de distributeurs, et au prix d'une débauche de moyens au combien plus modeste, tant dans le film que dans sa promotion...
Rappelons aussi que l'esquive, du même réalisateur, avait été vu par plus d'un million de spectateurs...
quand à celui de l'élitisme, la consultation de la fiche allociné du film montre bien que si la presse est unanime, le public est ravi aussi : 3 étoiles en moyenne et plus de 100 critiques dithyrambiques...
Marion Cotillard faisait remarquer dans Studio que la France ne sait pas aimer ceux qui réussissent et leur font payer (raison pour laquelle Persepolis aurait été préféré pour défendre la France aux oscars... mais si vous savez Persepolis, cet obscur et mauvais film que personne n'a vu ni aimé...)
qu'elle n'oublie pas de dire, la Cotillard, qu'elle doit en grande partie sa nomination aux oscars au matraquage promotionnel opéré par le distributeur américain du film...
pendant ce temps là, la graine et le mulet repartait de la Mostra de Venise avec le prix spécial du jury... (comme quoi, on ne lui en veut pas trop d'être reconnu aussi à l'international)
alors peut on dire que les césars ne célèbrent que des films pour intélos ? ce genre de dichotomie n'est-elle pas plutôt exercée par des gens qui prennent le public pour des cons ?
la graine est le mulet n'est pas un film intellectuel : c'est un film intelligent, nuance.
Abdellatif Kechiche a un talent indéniable dans la direction de ses acteurs et filme avec un réalisme fascinant cette famille unie autour d'un projet de restaurant qu'on imagine bien perdu d'avance
S'ajoute à cela un sens de la narration qui accompagne le spectateur et le tient en haleine tout au long des deux heures du film, resserrant un étau implacable autour de ses personnages.
Oui, c'est un film d'auteur, et ce n'est pas forcément un défaut,
Non, la graine et le mulet n'a pas volé son césar à la môme,
autre moment fort de la soirée : la remise du césar de la meilleure musique de film (à l'excellente bande son des chansons d'amour d'Alex Beaupain)
comme les césars "technique" c'est chiant, les présentateurs en font des tonnes pour amuser l'assemblée (et les téléspectateurs) : jean-paul rouve et gilles lelouche n'ont rien trouvé de plus drôle que de reprendre "quelqu'un m'a dit" de carla bruni
la moitié de la salle rigole, l'autre hue la chanson
...
loin de moi l'idée de défendre madame Sarkozy, et autant j'ai trouvé les quelques vannes de antoine de caunes sur Nicolas (notamment au moment de remettre le césar du film étranger), autant là, j'ai trouvé ça facile et même assez bête
j'aurais bien aimé connaître la réaction de la salle, 4 ans auparavant, quand carla B, mannequin sur le retour sortait son disque chez Naïve, faisait la couverture des Inrockuptibles avec Louis Bertignac, remplissait des salles parisiennes, vendait 1,2 millions d'album et repartait avec une victoire de la musique sous le bras...
bien sûr entre temps il y a eu un mariage médiatique, une bourde sur la dénonciation des SMS et j'en passe... mais ce n'est pas la critiquer justement dans son rôle de première dame que de s'en prendre à sa musique, d'autant que certainement une bonne partie des mêmes qui rigolent aujourd'hui criaient au génie à peine quelques temps auparavant.
au même titre que les polémiques qui ont entouré peter handke en 2007 je pense qu'il ne faut pas amalgamer l'artiste et son œuvre, qu'on ne se trompe pas de cible : c'est ce qu'elle fait maintenant qui est dérangeant et critiquable, notamment de part la façon dont elle participe à la politique bling-bling de son mari, mais pas de ce qu'elle a pu faire de sa carrière
malgré tout le mal que je peux penser d'elle ou de son couple, il y a une chose que je ne peux pas lui enlever : son disque était réussi, il n'y a pas de raison que je change d'avis là dessus
après, on peut toujours me dire que j'ai des goût musicaux douteux... je ne nierais pas.
Finissons-en avec le meilleur moment de la soirée : valérie lemercier refait la môme et refuse de présenter la cérémonie, excellent comme d'habitude
cette année n'a pas dérogé à la règle et certains seraient tentés de blâmer l'injustice qui a frappé
vu tout le mal que je pense du premier, on ne s'étonnera pas que je me réjouisse pour le second, que j'ai vu à sa sortie en décembre dernier mais dont je n'avais pas pris le temps de parler iciaussi je voudrais ici tordre le coup à certains lieux communs :
réglons d'emblée le problème du public : sorti discrètement (90 copies en première semaine) et sans aucune vedette, le film est toujours à l'affiche au bout de 10 semaines d'exploitation et cumule à ce jour 700 000 spectateurs.
Certes ce ne sont pas les 5 millions de la môme mais tout de même des scores que rêverait d'atteindre un certain nombre de distributeurs, et au prix d'une débauche de moyens au combien plus modeste, tant dans le film que dans sa promotion...
Rappelons aussi que l'esquive, du même réalisateur, avait été vu par plus d'un million de spectateurs...
quand à celui de l'élitisme, la consultation de la fiche allociné du film montre bien que si la presse est unanime, le public est ravi aussi : 3 étoiles en moyenne et plus de 100 critiques dithyrambiques...
Marion Cotillard faisait remarquer dans Studio que la France ne sait pas aimer ceux qui réussissent et leur font payer (raison pour laquelle Persepolis aurait été préféré pour défendre la France aux oscars... mais si vous savez Persepolis, cet obscur et mauvais film que personne n'a vu ni aimé...)
qu'elle n'oublie pas de dire, la Cotillard, qu'elle doit en grande partie sa nomination aux oscars au matraquage promotionnel opéré par le distributeur américain du film...
pendant ce temps là, la graine et le mulet repartait de la Mostra de Venise avec le prix spécial du jury... (comme quoi, on ne lui en veut pas trop d'être reconnu aussi à l'international)
alors peut on dire que les césars ne célèbrent que des films pour intélos ? ce genre de dichotomie n'est-elle pas plutôt exercée par des gens qui prennent le public pour des cons ?
la graine est le mulet n'est pas un film intellectuel : c'est un film intelligent, nuance.
Abdellatif Kechiche a un talent indéniable dans la direction de ses acteurs et filme avec un réalisme fascinant cette famille unie autour d'un projet de restaurant qu'on imagine bien perdu d'avance
S'ajoute à cela un sens de la narration qui accompagne le spectateur et le tient en haleine tout au long des deux heures du film, resserrant un étau implacable autour de ses personnages.
Oui, c'est un film d'auteur, et ce n'est pas forcément un défaut,
Non, la graine et le mulet n'a pas volé son césar à la môme,
autre moment fort de la soirée : la remise du césar de la meilleure musique de film (à l'excellente bande son des chansons d'amour d'Alex Beaupain)
comme les césars "technique" c'est chiant, les présentateurs en font des tonnes pour amuser l'assemblée (et les téléspectateurs) : jean-paul rouve et gilles lelouche n'ont rien trouvé de plus drôle que de reprendre "quelqu'un m'a dit" de carla bruni
la moitié de la salle rigole, l'autre hue la chanson
...
loin de moi l'idée de défendre madame Sarkozy, et autant j'ai trouvé les quelques vannes de antoine de caunes sur Nicolas (notamment au moment de remettre le césar du film étranger), autant là, j'ai trouvé ça facile et même assez bête
j'aurais bien aimé connaître la réaction de la salle, 4 ans auparavant, quand carla B, mannequin sur le retour sortait son disque chez Naïve, faisait la couverture des Inrockuptibles avec Louis Bertignac, remplissait des salles parisiennes, vendait 1,2 millions d'album et repartait avec une victoire de la musique sous le bras...
bien sûr entre temps il y a eu un mariage médiatique, une bourde sur la dénonciation des SMS et j'en passe... mais ce n'est pas la critiquer justement dans son rôle de première dame que de s'en prendre à sa musique, d'autant que certainement une bonne partie des mêmes qui rigolent aujourd'hui criaient au génie à peine quelques temps auparavant.
au même titre que les polémiques qui ont entouré peter handke en 2007 je pense qu'il ne faut pas amalgamer l'artiste et son œuvre, qu'on ne se trompe pas de cible : c'est ce qu'elle fait maintenant qui est dérangeant et critiquable, notamment de part la façon dont elle participe à la politique bling-bling de son mari, mais pas de ce qu'elle a pu faire de sa carrière
malgré tout le mal que je peux penser d'elle ou de son couple, il y a une chose que je ne peux pas lui enlever : son disque était réussi, il n'y a pas de raison que je change d'avis là dessus
après, on peut toujours me dire que j'ai des goût musicaux douteux... je ne nierais pas.
Finissons-en avec le meilleur moment de la soirée : valérie lemercier refait la môme et refuse de présenter la cérémonie, excellent comme d'habitude

Commentaires
Quand au battage médiatique dont aurait bénéficié Marion Cotillard pour sa nomination, toutes et tous les nominés bénéficient de campagnes semblables. C'est simplement une question de dollars plus que de prestige.
Mais elle ne l'aura sans doute pas, jamais une actrice ou un acteur français n'a obtenu d'Oscar pour un rôle dans un film français.