nous ne sommes pas seuls !

Toinette Laquierre l'a suffisamment répété à Arnaud Binard tout au long de Mystère, la série culte de TF1 : nous ne sommes pas seuls !


et heureusement pour Arnaud Binard qu'il n'est pas seul sur scène dans une souris verte parce que c'est clairement Raphaëline Goupilleau qui porte tout le spectacle sur ses épaules

avec sa présence singulière, entre jeanne balibar et isabelle mergault, elle emballe directement dans son rôle d'agent rongée par l'ambition et s'offre les plus beaux morceaux du texte, moité narratrice, moitié mauvaise fée qui vient précipiter cette bancale histoire d'amour entre deux hommes dans le cynisme (au sens moderne) et la vraie immoralité, à force de vouloir cacher son amant homo dans le placard

à part ça, on rit assez souvent des quelques bons mots (moins d'autres vannes improbables) au gré desquels on s'intéressera plus ou moins à la rencontre entre ce comédien alcoolique et terrorisé par l'outing et son gigolo d'un soir, malgré tout déterminé à devenir son mari pour la vie (enfin quand il aura lui même réglé ses problèmes personnels).

le problème de la pièce tient pour une bonne part sur le mauvais rendu du night-clubbing et de la prétendue déchéance des personnages principaux au début de la pièce, certainement pas aidé par le jeu des comédiens, en particulier de Julie Debazac, carrément pas à sa place : aussi mauvaise en jet-setteuse au bout du rouleau qu'en apprentie katie holmes

il faudrait aussi expliquer aux comédiens que crier ne suffit pas à jouer la colère si l'intensité du jeu ne suit pas... sinon au mieux on feint l'hystérie, au pire on agace...

quand à édouard, qui illuminait la couverture du dernier têtu avec sa pilosité naissante, il ferait mieux de se laisser pousser les poils plutôt que les muscles parce que vu son gabarit il commence à ressembler à un poulet aux hormones

tout comme Arnaud Binard, il s'en sort honorablement, sans plus... je m'inquiète quand même un peu pour la suite de sa carrière quand il ne sera plus en âge de montrer ses fesses...

reste la mise en scène, signée jean-luc révol (comme le brillant cabaret des hommes perdus, l'année dernière) assez astucieuse, basée sur un plateau tournant et quelques bons effets.

bref, pas un ratage total mais pas la pièce de l'année non plus

Une Souris verte de Douglas Carter Beane, adaptation de Jean-Marie Besset, mise en scène de Jean-Luc Revol, avec Raphaëline Goupilleau, Julie Debazac, Arnaud Binard, Edouard Collin, théâtre Tristan Bernard, 64, Rue du Rocher, 75008 Paris ; tél. : 01 45 22 08 40.

c'est quand même un comble pour un gay : sortir pour mater des culs de mecs et revenir emballé par la fille !

Commentaires

sameplayer a dit…
Bon, donc je mets dans ma "to do list" avec Mme Raymonde (previously on Le Cabaret des Hommes Perdus, décidémment on n'en sort pas) au Vingtième Théatre