purée de nostalgie

note d'intention : ce billet n'est pas intéressant du tout, l'introduction est trop longue... en plus il cache une publicité pour une marque qui n'en a pas besoin... et il va démolir ma réputation de bon cuisinier... mais voilà, je ne pouvais pas me taire plus longtemps, il fallait que j'en parle...

la première fois que je suis allé à l'école, j'ai pleuré
pas d'y aller,
d'en partir : on était venu pour m'inscrire, il faudra attendre septembre pour retrouver cette cour remplie d'enfants jouant ensembles.

arriva enfin la rentrée, en grande section de maternelle
école communale, petit village, deux classes de trois niveaux chacune, j'ai déjà une oreille sur les cours du CP. mes parents parleront de me faire sauter une classe, sans succès

l'institutrice, dont j'ai oublié le nom, est une sorte de folcoche, castratrice à souhait... faut croire que j'aime ça : 1er de classe trois ans de suite (sur un petit effectif, certes) mais remise des prix chaque année, un vendredi soir à la salle des fêtes. mon papa n'est jamais venu, le vendredi soir il était trop fatigué de sa semaine de travail

à midi je préférais rester avec mes nouveaux amis et déjeuner à la cantine. c'était à côté de l'école, il fallait se mettre en rang et marcher deux par deux pour arriver au réfectoire.

les souvenirs s'effacent mais je sais que l'éveil de mon palais doit beaucoup à ces véritables cantinières de village (plus qu'à la cuisine infâme de ma mère ça c'est sur). il y eu les mauvaises surprises, comme ce jour où j'ai découvert le cèleri rémoulade en le confondant avec des carottes rapées recouvertes de crème (dégout éternel),
ces jours où on me faisait manger tout seul sur une grande table parce que je mangeais trop lentement.

et puis il y a eu ce jour où on nous a servi de la purée de pois cassés. je n'en avais jamais mangé, je ne savais même pas ce que c'était que des pois cassés... et pourtant c'était délicieux, simple, onctueux, doux, et vert...
et rare : ma mère n'en faisait jamais, à la cantine il y en a eu quelques fois mais pas tant que ça...

au bout de 3 ans on m'a retiré de l'école communale, au motif que mes parents n'aimaient pas l'instituteur de l'autre classe - un gaucho ! quelle horreur !! -

je suis allé à l'école -catho- de la ville d'à côté. la cantine était infecte, j'y ai fait d'autres découvertes culinaires, comme la brandade de morue (du vendredi qu'on ressert le lundi "pour finir")

alors la purée de pois cassés est sortie de mon cycle alimentaire de longues années

et puis l'année dernière, inopinément, elle est revenue. dans l'univers froid et austère d'un magasin pic(h)ard, c'est l'enfance qui refaisait surface par sachet d'1 kg (portionnable comme ils disent)

ma recette (y'a pas plus feignasse) :
verser la quantité désirée dans un bol, 5 min au micro ondes
puis mélanger avec un peu d'huile d'olive, sel, poivre et thym
(y'a une version alternative avec un steak haché)

et voilà !! ce n'est pas grand chose mais ça a le goût rassurant de la nostalgie et prêt en qqs minutes et rien qu'un bol à laver le pied

retrouver son âme d'enfant c'est simple comme ouvrir un congélateur
(s'ils m'engagent pas pour leur pub avec un truc pareil...)

Commentaires

Anonyme a dit…
Là, tu es très fort ! Je mets ça en image et on a une pub géniale pour P... ! Maintenant chez faim, c'est malin (j'ai pas de pois cassés)
Anonyme a dit…
Moi aussi, ça y est j'ai faim (mais c'était une bien belle petite histoire !).
les tamaris a dit…
tous chez pic(h)ard !!!