pictavophobe

quoi de mieux pour remonter ma côte d'amour pour la capitale qu'un petit pèlerinage à poitiers-city, capitale de la vienne

j'ai vécu 5 ans dans cette ville, de 1995 à 2000, avant que l'ennui qui s'en dégage me pousse à fuir pour rennes, beaucoup plus cosmopolite et enfin paris

pour être honnête je dois dire que je n'ai jamais aimé cette ville, les premières années y ont été laborieuses, les dernières interminables

"la première ville étudiante de france" qu'ils disaient sur les brochures d'accueil à l'époque...
en fait c'est la ville où la proportion d'étudiants est la plus importante par rapports aux habitants "normaux" : forcément, c'est un endroit où l'on vient parce qu'on a pas le choix, parce que c'est la seule fac à 200 km à la ronde et parce que Bordeaux et Tours ont refusé ma dérogation, pas par plaisir

concrètement le WE et pendant les vacances la ville se vide de ses étudiants et se retrouve dans la plus grande désolation : ville bourgeoise qui vivote de ses vestiges romans et du vague tourisme inhérent, la encore, uniquement de brefs passages

en 2008, rien n'a vraiment changé, comme j'ai pu m'en apercevoir vendredi dernier, où je rendais visite à n°2, qui a pris ma relève

en attendant qu'il sorte de TD, j'ai eu tout à loisir, après un bref ménage de son placard appartement, de me promener dans les rues animées du centre ville...

l'avantage c'est qu'on peut y faire des choses incroyables pour le parisien moyen, par exemple retirer des places de concert à la FNA.C sans faire 1/2 heure de queue...
rentrer dans une boutique zara sans se faire marcher dessus par une pétasse en chaussure à bout pointu forcément : y'a que vous dans le magasin !
et confirmer, avec un certain snobisme, le pouvoir d'attraction qu'exerce encore la capitale pour le provincial de base, c'est vrai quoi, des articles de paris ça fait toujours rêver !



ah ! poitiers...
quelques bâtiments en pleine décrépitude révèlent que la ville a du être riche... mais quand ?

ah ! poitiers...
sa gestion inimitable de la voirie :
en fin de journée les rues étroites se jonchent de sacs poubelles en attendant que le camion passe les ramasser, point de container, point de poubelles vertes, à même le sol : solidarité avec nos amis les rats ! ça c'est le chic pictavien et après c'est les mêmes qui vous diront que paris est sale



et puis visiter cette ville c'est prendre le risque d'être ébloui à chaque coin de rue... on aurait tort de limiter les merveilles de cette capitale régionnale à Notre Dame la Grande et ses vestiges romans...
quand on pense que y'en a qui se font chier à aller à New-York alors qu'on a tout pareil à la maison... y'a vraiment des fadas !

et encore, je ne vous parle pas de la vie culturelle...









bon, je caricature un peu... et je dois dire que j'ai retrouvé avec plaisir l'austère médiathèque où j'ai passé tant d'heures : les nocturnes du mardi soir à réviser assidûment, les heures à arpenter des rayonnages de bouquins, la salle de consultation des périodiques (où je lisais têtu en me disant que c'était naze mais que ça avait le mérite d'exister), les bacs de CD en accès libre pour une modique cotisation de 30 francs (oui à l'époque on parlait en francs ! soit environ 4,5 €), grosso modo le berceau de mon éducation culturelle mais aussi un lieu d'échanges et de rencontres...

poitiers c'est aussi mes débuts dans ma vie d'adulte, avec la pseudo indépendance qui va avec.
c'est non sans une certaine émotion que je suis repassé devant certaines portes, notamment celle d'un des immeubles où j'ai habité. ce n'était pas mon premier appartement, mais c'était le premier avec un digicode ! et pour moi qui avait toujours habité dans des maisons, c'était le comble du bonheur l'immeuble avec digicode : c'était la formule magique pour enterrer l'adolescent qui traînait son mal-être chez ses parents, c'était la numérologie de la liberté, c'était 4 chiffres et une consonne, toujours dans ma tête 12 ans après



j'ai fini le pèlerinage sur les bords du clain, j'ai traversé le boulevard, descendu vers la rivière, machinalement regardé les voitures garées sur le parking, c'était le temps d'avant internet, à la nuit tombée des silhouettes se croisaient dans le noir, fumaient une cigarette en prenant l'air détaché, attendaient qu'on les aborde, en espérant que l'autre ne sera pas trop vieux, ou pas trop moche, qu'il y en aura plutôt un autre comme lui, c'était rarement le cas
alors rentrer seul chez soi, comme le petit soldat d'une armée de reclus, en se demandant ce que la vie réservera d'autre que ça




tout ce vivier de souvenirs émouvants à une heure et demi à peine de paris... et pourtant l'impression que c'est beaucoup plus

c'est loin 8 ans, surtout quand on en a pas vraiment la nostalgie


pour finir, l'ultime argument people-glamour pour vous motiver à venir vous aussi fouler de vos pieds la fameuse terre pictavienne : j'ai croisé jean-pierre raffarin à la gare !

c'est ségolène qui en a de la chance d'avoir sa maison là bas...

Commentaires

Unknown a dit…
j'en connais un qui a pécho à la médiathèque !
mich" a dit…
«4 chiffres et une lettre»

«4 consonnes et 3 voyelles...» Avoue, tu as le disque de Carla B.-S. !
Anonyme a dit…
J'en reviens pas !! c'est la ville où j'ai vecu 4 ans, c'est la statue de la liberté de la place du même nom où j'ai vécu 3 ans, c'est la rue du trottoir où j'ai vécu mes plus belles histoires de culs ahem d'amuuuuurs et où j'ai eu ma premiere chatte et fais venir au monde trois bébés chatons, c'est là que j'ai presque perdu ma virginité et que mes poils se sont affichés, nus, à la fenetre le plus souvent !! c'st un veritable chemin de poitioponstelle que tu as fait et c'est le sourire sur mes levres que tu viens d'accrocher :D
des bisous de l'exilé outre manche avec toujours des poils et des chats :D
les tamaris a dit…
@ fcrank : euh... joker ;)

@ mich" : quelqu'un te l'a dit ?

@ thanos : parce que tu veux nous faire croire que tu es presque vierge ??
sameplayer a dit…
Tu lui as dit, à Raffarin, qu'au moins il pourrait y avoir le Minitel à Poitiers, faute d'Internet ?
Anonyme a dit…
@les tamaris "presque" fait toute la difference et toute la nuance :D
Anonyme a dit…
Aaaaah Poitiers ... deux bonnes années dans ma vie d'étudiant j'en garde de bons souvenirs et de bons amis. Mais c'est vrai que les weekends et durant les vacances c'est un peu mort xd
Anonyme a dit…
Merci Monsieur Tamaris ! Quel bel hommage à Poitiers et ses habitants ;)
Comme Thanos, j'ai vécu quatre ans à Poitiers. Ma vie estudiantine... D'ailleurs, pour info, tu as pris en photo la devanture de mon école !