la tourneuse de pages

où les tamaris font leur 2e critique de film
(au passage, je n'ai toujours pas résolu la question du singulier/pluriel avec le nom de ce blog qui est pluriel mais qui se rapporte à moi seul... bref)

entre deux déballages de cartons, deux escapes à Ikéa ou Leroy Merlin et la réparation de mon chauffe-eau j'ai trouvé le temps, sous l'impulsion de S., pour aller voir la tourneuse de pages de denis dercourt.
(au passage, S. est la seule personne à s'être fait avoiravoir bien voulu m'aider pour mon déménagement, je lui en serai éternellement reconnaissant)

j'ai donc accompagné S. au BCG des halles
(au passage, y'a pas à dire les Meuka2 ça fait beaucoup moins usine à pop corn et j'en ai un peu marre que les gens qui ont des abonnements vous imposent leur ciné mais bon, comme dit plus haut S. est un être formidable donc je n'ai presque pas râlé)

revenons au film qui parle de piano et d'une jeune fille qui se venge d'une pianiste célèbre qui l'aurait injustement écartée d'un concours.
bon, elle aurait très bien pu retenter son concours l'année d'après (certes il n'y aurait plus eu de film)
au contraire, elle arrête définitivement le piano et, estimant sa vie brisée, elle va mettre en place un piège implacable pour se venger, je vous passe les détails de la mise en place de l'intrigue, la bande annonce est assez limpide là dessus
(au passage, ce film est une propagande pour la loi que voulait nous faire passer le nain sur le repérage des délinquants au berceau, parce que dès le début du film on comprend que cette petite fille a tout le profil pour devenir une nuisance)

bilan du film : ça ressemble à du sous-chabrol, avec la pauvre petite fille de boucher introduite chez les riches bourgeois bien élevés. peut-être que chez chabrol la jeune fille aurait séduit le maître de maison pour se venger de sa femme. ici le traitement est plus actuel, et offre à catherine frot une partition sensible de pianiste rongée par le trac... c'est le principal mérite du film
la musique a bien sur une part très importante dans le récit: la pianiste fait partie d'un trio qui prépare un concert pour radio france, son jeune fils apprend lui aussi le piano qui résonne donc en permanence dans leur grande maison.


ça m'a rappelé les années où je prenais moi même des cours de piano et combien je n'ai pas su les apprécier.


mes parents m'avaient un peu forcé la main : un soir ma mère est venue me chercher après mon cours de catéchisme (si si) et m'a dit que pour me féliciter de mes bons résultats scolaires elle m'avait inscrit à l'école de musique.
au bout d'un an de solfège j'ai du choisir un instrument. je ne sais pas pourquoi j'ai pris le piano, peut être parce qu'il y en avait un chez ma grand-mère, en tous cas mes parents étaient ravis (je crois pas qu'ils m'auraient laissé choisir accordéon).


finalement je me suis révélé un apprenti-pianiste peu assidu, je manquais de discipline pour travailler quotidiennement mes morceaux et la plupart des exercices me semblait fastidieux, les partitions n'étaient pas assez intéressantes pour que je sois content du résultat... et motivé. je m'énervais sur les passages difficiles, rebuté par l'idée de ne pas pouvoir contrôler mes doigts comme je le voulais et je n'avais clairement aucun sens du rythme et de la musique. je jouais par automatisme, apprenant les partitions par coeur pour pouvoir surveiller mes mains en action.
j'ai atteinds mon apogée au bout de 4 ans en jouant le premier prélude de bach (pas trop mal même)


puis est venue l'entrée au lycée, je me suis inscrit en art dramatique et j'ai décrété que je n'avais plus le temps pour le piano. fin de ma carrière musicale, au grand désespoir de ma maman (mon papa lui était plutôt content de ne plus avoir à payer les cours)


ce qui est drôle c'est que ma maman voulait que ses enfants connaissent la musique, certainement parce qu'elle aurait aimé la connaître aussi. je leur en ai voulu de m'avoir forcé à prendre ces cours pendant des années avec comme justification stupide "on a payé alors maintenant tu y vas"
vu l'échec qu'elle a subi avec moi, elle n'avait pas réitéré avec mon petit frère. et pourtant c'est lui qui a demandé à aller à l'école de musique, plus tard que moi, et qui se révèle maintenant être un guitariste émérite... et que mes parents voudraient un peu freiner dans ses projets de future rock star (comme quoi les parents ne sont jamais contents)


aujourd'hui, je ne peux pas croiser un clavier sans avoir envie de jouer les premières notes du prélude que j'oublie de plus en plus. je suis honteux de ne rien savoir jouer d'autre.
plus le temps passe et plus c'est à moi que j'en veux
je ne sais même pas si je pourrais reprendre, j'ai un doigt déformé par une chute survenue au cambodge l'année dernière
(au passage, pour allemand en première langue, ils m'ont aussi forcé la main. mais là, je leur en veux encore)

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