13 janvier 2012

toi au loin, qui se distingue dans la foule

Je crois encore souvent t'apercevoir,
toi au loin, qui te distingue dans la foule

pourtant la dernière fois qu'on s'est vu
je n'ai pas voulu te parler,
ou à peine

"Tu es gêné ? 
Non, mais je ne suis pas ravi"

Voilà,
nos derniers mots
il faudra vivre avec ça

comme la première fois
je t'en ai beaucoup voulu
on ne devrait pas avoir le droit de faire ça
on ne devrait pas avoir le droit
j'ai répété ça en boucle, dans un flots de sanglots
décompression en rentrant d'une soirée
écrasé par la douleur, littéralement,
en boule sur le parquet de mon appartement

un autre soir c'est sur l'épaule de A que je suis tombé
il a dit ce que j'avais besoin d'entendre
que je devais te laisser partir
accepter

ta décision, cet acte injuste et violent
cet acte con
mais qui t'appartient,
qui est le fruit de ton tumulte
ton tempérament toujours trop exalté qui m'a jadis épuisé


une fois j'avais réussi à te ramasser,
te remettre sur les rails
j'ai serré les dents mais on avait traversé ça ensemble
jusqu'à la fuite, ma fuite
je dis fuite mais j'assume
je ne t'aimais plus depuis longtemps
il fallait partir


on perd tous un jour un être cher
j'ai perdu un homme que j'ai chéri dans le passé
un homme dont je ne voulais plus dans mon présent
un homme qui ne voyait plus son futur parmi les vivants

voilà, je n'ai pas envie de te revoir,
j'aimerais juste te savoir encore en vie
alors parfois, je t'aperçois
toi au loin, dans la foule
puis je m'approche et tu te dissipes sous les traits d'un inconnu


4 bouture(s):

patapouf a dit…

Il y a dans le placard de la cuisine un pot du chocolat au piment d'une épicerie bobo gourmande qu'il nous a offert quelques jours avant de partir. Je ne sais vraiment pas quoi en faire. Je ne peux pas le manger. Je ne peux pas le jeter. Mais je ne veut pas être condamé à avoir ce pot de chocolat dans mon placard toute ma vie, l'emmener avec moi à chaque déménagement.
Je comprends que tout ça n'est pas facile quand il y a beaucoup plus qu'un pot de chocolat.

Chondre a dit…

Il m'arrive également souvent de penser le croiser dans la foule. Je pense souvent à la ravissante petite idiote, à tous les bons moments. La photos des couples en perdition est toujours dans son cadre. Quel con.

fiuuu a dit…

tres fort texte, pas tout compris mais je pense
bizz

ioio a dit…

Nous avons nous aussi un coin du placard hanté par son souvenir, on aimerait pouvoir l'y garder bien au chaud, à l'écart de notre quotidien, mais nous le croiserons toujours au coin d'une rue sans qu'on s'y attende.
Chez nous un cadre s'est brisé, notre exemplaire de la photo a survécu, j'ai pris ça pour un bon présage, le début d'une nouvelle page, qui s'ajoute à celles déjà tournées mais auxquelles nous reviendrons immanquablement.
Continuons à écrire...