le dernier métro
à la soirée, une de ces copines un peu bourrée me dit qu'il vient de partir.
il est 2h15, je suis sur qu'il a du essayer de prendre le dernier métro.
je cours comme un dératé jusqu'à la station, j'espère le rattraper sur le quai.
je veux lui dire que je voulais rentrer avec lui, que je n'aurais pas du partir, que tout doit recommencer, que je l'ai trompé parce que je ne suis trompé.
je veux qu'il me prenne dans ses bras et qu'on oublie tout.
quand j'approche de la place Stalingrad je vois arriver la rame de métro, perchée sur la ligne aérienne. j'accélère encore, je traverse la rue sans regarder, slalom entre les badauds qui guettent des yeux les taxis, enfin j'arrive devant la station - merde !! mon pass navigo est dans la veste que j'ai oublié à la fête...
j'enjambe le tourniquet, monte les escaliers 4 à 4, la sonnerie annonce le départ de la rame sur le quai, plus que quelques marches et j'y suis..
je suis ralenti par un groupe qui s'engage en sens inverse, quand j'arrive sur le quai les portes du métro sont fermées et il a déjà commencé à s'éloigner. je continue à courir mais je sais que c'est fini, raté, bêtement.
Je m'arrête à la moitié du quai, le métro a disparu
il n'y a plus personne, plus que moi qui reprend mon souffle.
je n'assieds un moment sur ces chaises métalliques arrondies. Je repense à cette soirée, de la gêne que j'ai ressentie en tombant sur lui. De l'agacement de le voir fleureter avec d'autres. Le plus agaçant c'est le temps qu'on a perdu à se tourner autour, à ne pas s'être dit les choses qu'on ressentait vraiment. Je me sens absolument pitoyable.
ce que je vois en premier ce sont ces baskets vertes et jaunes qui avancent sur le quai, cette démarche pas franchement assurée, son petit blouson de tapette irrésistible
je me lève, en me disant que je ne dois pas être tellement présentable
pourtant il me sourit, il m'a presque rejoint, nous sommes seuls sur le quai.
C'est à ce moment où dans un film la caméra commence à nous tourner autour.
Combien de temps on va attendre avant de se jeter l'un sur l'autre ? Est-ce encore un contre-coup de la course mais mon cœur s'emballe comme jamais. Je pourrais le gifler s'il ne se décide pas à m'embrasser. Je commence à le bousculer, ça l'amuse. Il me traite de petit con. Je vais pour le taper mais il arrête mes mains dans les siennes.
Là c'est le générique de fin qui s'enclenche pendant qu'on se dévore des yeux jusqu'à ce que nos lèvres se touchent et que nos langues se mélangent. La musique est de plus en plus présente.
Ce n'est pas la musique du générique de fin
C'est la musique que crache mon radio réveil
J'aurais du m'en douter
dans la vraie vie il aurait pris un taxi,
moi un vélib,
c'est comme ça
Bande son : Pete Yorn & Scarlett Johansson - Relator
il est 2h15, je suis sur qu'il a du essayer de prendre le dernier métro.
je cours comme un dératé jusqu'à la station, j'espère le rattraper sur le quai.
je veux lui dire que je voulais rentrer avec lui, que je n'aurais pas du partir, que tout doit recommencer, que je l'ai trompé parce que je ne suis trompé.
je veux qu'il me prenne dans ses bras et qu'on oublie tout.
quand j'approche de la place Stalingrad je vois arriver la rame de métro, perchée sur la ligne aérienne. j'accélère encore, je traverse la rue sans regarder, slalom entre les badauds qui guettent des yeux les taxis, enfin j'arrive devant la station - merde !! mon pass navigo est dans la veste que j'ai oublié à la fête...
j'enjambe le tourniquet, monte les escaliers 4 à 4, la sonnerie annonce le départ de la rame sur le quai, plus que quelques marches et j'y suis..
je suis ralenti par un groupe qui s'engage en sens inverse, quand j'arrive sur le quai les portes du métro sont fermées et il a déjà commencé à s'éloigner. je continue à courir mais je sais que c'est fini, raté, bêtement.
Je m'arrête à la moitié du quai, le métro a disparu
il n'y a plus personne, plus que moi qui reprend mon souffle.
je n'assieds un moment sur ces chaises métalliques arrondies. Je repense à cette soirée, de la gêne que j'ai ressentie en tombant sur lui. De l'agacement de le voir fleureter avec d'autres. Le plus agaçant c'est le temps qu'on a perdu à se tourner autour, à ne pas s'être dit les choses qu'on ressentait vraiment. Je me sens absolument pitoyable.
ce que je vois en premier ce sont ces baskets vertes et jaunes qui avancent sur le quai, cette démarche pas franchement assurée, son petit blouson de tapette irrésistible
je me lève, en me disant que je ne dois pas être tellement présentable
pourtant il me sourit, il m'a presque rejoint, nous sommes seuls sur le quai.
C'est à ce moment où dans un film la caméra commence à nous tourner autour.
Combien de temps on va attendre avant de se jeter l'un sur l'autre ? Est-ce encore un contre-coup de la course mais mon cœur s'emballe comme jamais. Je pourrais le gifler s'il ne se décide pas à m'embrasser. Je commence à le bousculer, ça l'amuse. Il me traite de petit con. Je vais pour le taper mais il arrête mes mains dans les siennes.
Là c'est le générique de fin qui s'enclenche pendant qu'on se dévore des yeux jusqu'à ce que nos lèvres se touchent et que nos langues se mélangent. La musique est de plus en plus présente.
Ce n'est pas la musique du générique de fin
C'est la musique que crache mon radio réveil
J'aurais du m'en douter
dans la vraie vie il aurait pris un taxi,
moi un vélib,
c'est comme ça
Bande son : Pete Yorn & Scarlett Johansson - Relator

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