09 juillet 2010

un cadre blanc posé sur l'étagère

presque comme dans une chanson de Vincent Delerm, mais à la place d'un roman d'éric holder, chez moi il y a une fougère (depuis que j'ai lu dans un magasine féminin que c'est bon pour détoxifier l'air dans la chambre à cause de tous les polluants contenu dans l'aggloméré et les parquets vitrifiés).

bref,

un cadre blanc posé sur l'étagère, un cadre que j'avais fini par ne plus voir et que j'ai poussé par hasard en époussetant l'étagère,

un cadre blanc avec une photo dedans,
une photo d'un garçon que j'ai aimé


à peine plus à gauche, j'ai trouvé, troublant hasard, un autre cadre avec une photo de celui d'avant, glissé entre deux livres, comme archivé.

se séparer de quelqu'un s'est aussi se séparer d'une partie de soi-même. celle qui disait je l'aimerai toujours. celle qui disait je me vois vieillir avec lui. celle qui a pensé un jour avoir un enfant, partager un appartement

Ne reste donc qu'une part de soi, qui se reconstruit petit à petit. goute à sa liberté retrouvée, perd des habitudes, retrouve des anciennes, bonnes ou moins bonnes. essaye juste de continuer à avancer



mais est-ce que vraiment on avance ? est-ce qu'on ne répète pas toujours les même erreurs ?

j'ai l'impression qu'on accumule plutôt
en ce qui me concerne je reste la somme de mes incohérences

analphabète du sentiment
encore et toujours


j'ai jeté la photo
la question est maintenant de savoir celle que je vais mettre dans ce cadre blanc

j'hésite entre sushi et ma femme de ménage (ma relation la plus stable de l'année, même si elle ne se foule pas sur la poussière)


Bande son : Vincent Delerm - Fanny Ardant

2 bouture(s):

Snooze a dit…

j'ai dans l'idée une photo d'une très jolie étoile de mer...ne me remercie pas, de rien, ça fait plaisir

Ditom a dit…

On le vit tous différemment. Moi j'ai l'impression d'être la somme de toutes ces personnes et de toutes ces histoires qui ont traversé ma vie.
Est-ce qu'il est vraiment nécessaire de se détacher de ce qu'on a vécu pour avancer? Je le pensais. Aujourd'hui je ne le crois plus. Peut-être qu'une partie de toi souhaite toujours passer sa vie avec le monsieur dans le cadre blanc, même si les autres parties savent que c'est impossible.
Du coup, on avance c'est sûr parce qu'on est de plus en plus riche des autres et de soi-même.
Et si tu conservais la photo dans le cadre blanc, tout en sachant qu'un autre cadre plus grand et plus solide sera un jour posé devant?
Je ne sais pas si je suis clair. J'abandonne. ;)