Pousser la porte

Depuis la rentrée, il y a quelque chose de nouveau dans ma vie.
Quelque chose dont j'avais envie depuis plusieurs années mais que je n'avais jamais osé concrétiser.

Peur de ne pas y arriver (entre autres)

J'ai même mis du temps à en parler, à le dire autour de moi
_ tu fais quoi ce soir ?
_ je vais à mon cours de danse.
_ ah ! quoi comme danse ?
_ de la danse contemporaine.

voilà, c'est dit

En général la question qui suit c'est "d'où ça te vient cette idée ?"

C'est venu petit à petit. A force de voir des spectacles, dont certains à la frontière avec le théâtre, j'ai eu envie de d'expérimenter un travail sur le corps allant plus loin que celui de comédien.

Bien sûr, l'idée d'attaquer ce genre d'activité à 30 ans passés quand on a jamais fait du tout de danse ou même pratiqué une activité démontrant une certaine souplesse peut paraitre assez kamikaze.

Il y a eu aussi une année calamiteuse de théâtre, à subir toute le frustration d'une actrice ratée, qui m'a poussé à approfondir cette sourde envie.

Il y a eu un acte manqué, une fois. Au dernier moment je ne me suis pas senti à la place, et je suis parti avant même que le cours commence.

Cette fois le hasard d'un mail m'a rappelé la possibilité de faire un cours d'essai. A deux pas de chez moi, un cours spécialement pour les débutants. S'inscrire, assumer son ignorance et demander ce qu'il faut prévoir comme tenue. J'avais maintenant toute les cartes en mains. plus d'excuse pour reculer.
Ce lundi soir là, j'y suis allé plein de défiance. Cette fois encore, dans la rue j'ai hésité un moment devant la porte avant de me décider à entrer. L'inconnu. Tout simplement la peur de l'inconnu, de ne pas arriver à suivre le rythme, de ne pas savoir bouger son corps comme les autres.

Se dire qu'au pire ça sera 1h30 de ridicule, pas grand chose à l'échelle de toute une vie.

Mais rien à voir, 1h30 de bonheur, groupe sympa, approche ludique, prof attentive et encourageante. Je me suis rué sur le formulaire d'inscription, prêt à suivre ces 2 cours par semaine. Je pensais que l'enthousiasme des débuts allait se dissiper mais il n'en est rien. Il y a des moments de doutes, des difficultés, c'est un apprentissage mais je m'accroche.

La conscience du corps, l'attention portée à la respiration ou à l'écoute des partenaires est loin d'être nouvelle pour moi après de nombreuses années de théâtre mais tous les repères sont bousculés.

Autant apprendre des pages entières de texte ne m'a jamais fait peur, retenir un enchainement de mouvements ne me paraissait pas faisable.

Paradoxalement, j'ai l'impression de devoir faire preuve de beaucoup moins d'impudeur qu'en tant qu'acteur, puisque le gros du travail du cours consiste en une chorégraphie, où il faut plutôt se noyer dans la masse, faire corps avec le groupe.

Mon assiduité est pour l'instant parfaite, par plaisir, mais aussi par peur du travail à fournir pour rattraper. A chaque cours, on progresse, on précise, on fluidifie le mouvement.

Moi qui pensait être le boulet du groupe, j'en fais pleinement partie, pour ma plus grande satisfaction.

Il suffisait de pousser la porte, d'ouvrir un verrou intérieur.
J'avance à petits pas,
C'est trop top pour oser me dire danseur, mais je danse

Mieux, une fois par mois je vidéo-danse.
Grâce au dynamisme de l'association à laquelle je suis inscrit, j'ai la chance de participer à un projet passionnant. Dans un lieu culturel parisien ce qu'il y a de plus hype notre petit groupe réalise sur un dimanche après-midi un clip, un court-métrage, une captation... peu importe. Chacun alternant d'une séance à l'autre les fonctions de danseur, cadreur ou réalisateur. Le travail de l'année sera la pièce montée de tous ces films.
Après une séance de découverte j'ai fait ma première expérience de danseur devant une caméra. Retrouvant en un clic le tract d'une première scène, d'un vrai public. Lâché seul, en improvisation... on expérimente le langage du corps.
Encore dubitatif de ma capacité à mettre en scène une phrase chorégraphique, je m'apprête à faire ma première séance en tant que de cadreur. Commence à avoir des images dans la tête quand peut-être ça sera mon tour de guider les autres...

Les tamaris un jour en chaussons et tutu rose ? faut pas pousser non plus...

Commentaires

Joss a dit…
Et là on a envie de dire : ben tu vois, c'était pas si difficile...
sameplayer a dit…
Ben hé, ho ! La vidéo, elle marche pas, là.
Marsu a dit…
J'adore!
Snooze a dit…
Lapsus révélateur: "C'est trop TOP pour oser me dire danseur"...hu hu hu
Snooze a dit…
...et je veux bien le nom du danseur tatoué à poil ! Tu peux faire ça pour ton père comme cadeau de Noël