Marilyn, Dean, Richard, mon papa et moi
Ce qui frappe en premier devant cette photo de Richard Avedon c'est l'infinie tristesse qu'on peut lire dans les yeux de Marilyn
Loin des images habituelles de pin-up sexy, l'abandon de l'artifice, la fêlure sous le maquillage qui annonce, forcément, le destin tragique qu'on sait.
Avedon, après avoir révolutionné la photo de mode est devenu un portraitiste exceptionnel. Je l'avais découvert au Met en septembre 2003 et je l'ai retrouvé avec plaisir grâce à la rétrospective d'une grande richesse que lui consacre le Jeu de Paume, balayant presque toute sa carrière.
Connus ou inconnus, il capte toujours quelque chose de singulier et de saisissant dans ses modèles, sans l'intervention d'une mise en scène trop pesante. C'est là la base de son art et son infini talent.
C'est évidemment encore plus flagrant quand son œil se porte sur une star qu'on a l'habitude de voir sous un autre visage, particulièrement cette Marilyn Monroe qui n'est plus le fantasme ambulant qu'elle s'est crée comme personnage, juste une femme visiblement fatiguée de faire semblant d'être ce qu'elle n'est pas. Une femme qui voit que sa vie n'est pas la réussite qu'elle attendait malgré la gloire, malgré la beauté
J'ai grandi avec les images de Marilyn, idéal féminin imposé par mon père qui la placardait partout dans son bureau . Elle fait donc partie du parfait package du cadeau de dernière minute en concurrence directe avec la perceuse sans fil et la bouteille de whisky 15 ans d'âge.
Ses formes finalement n'ont pour moi aucun intérêt (je préfère bien sûr celle d'un de ses lointains cousins et pourtant... elle nous a en quelque sorte réunis
c'était les tamaris en direct différé de l'expo Richard Avedon Au Jeu de Paume
dépêchez vous ça finit samedi prochain !
tiens, j'ai fini par pondre un billet...

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content de te relire !