algèbre sentimental (fin)
ascenseur exigu d'un bel immeuble bourgeois, léger trouble de cette promiscuité
grand appartement au dernier étage, ils ont besoin d'espace pour travailler
évidence de la patiente colonisation de l'espace : plantes grimpantes sur le balcon, piles de livres dans le salon, le désordre rejoint l'ordre parce qu'il est naturel,
ultime atout : une vue imprenable sur la tour eiffel, j'ai le réflexe de regarder l'heure, en espérant la voir scintiller : il est 22h15, c'est raté...
je regarde G., son aisance au restaurant est en train de s'estomper, je sens que je suis en terrain glissant, j'annonce mon départ, il semble déçu et se met finalement à nu
il a peur de ressentir de nouveau cette frustration qu'il avait vécu il y a 5 ans que rien ne se passe entre nous
je suis autant estomaqué de ses avances que de comprendre combien j'étais passé à côté de la situation auparavant. Je n'avais à l'époque ressenti aucune envie de sa part, aucun trouble, ou bien je n'avais pas voulu le voir
ma naïveté d'alors (un mec casé = pas disponible) a sérieusement été mise à mal par ma relation avec E., il a visiblement lui aussi mis depuis de l'eau dans son vin...
le schéma qui m'avait, après les opérations (n-1) et (n-2) écartant les cousins machins, conduit logiquement à n = A² (ou 2A ? le couple est une addition ou une factorisation ?) vient de sérieusement dérailler.
une semaine et quelques minutes plus tôt, nous nous serions embrassés avec le scintillement de la tour eiffel pour décor. une nuit ensembles, peut-être d'autres, son mari est souvent absent, les cousins machins me laissent du temps libre, je l'imagine doux et tendre, comme son regard. je suis en train de déceler un air mutin, qui m'avait échappé jusqu'alors
douce ironie de la vie, qui met de l'huile sur le feu au grès des hasards et des coïncidences, des non-dîts et des actes manqués...
était-ce si inconscient que cela de ne pas lui avoir parlé de A. pendant le dîner ?
...
_ je viens de rencontrer quelqu'un
je me suis entendu prononcer ces quelques mots et j'ai réalisé alors le bien que cela me faisait, non seulement d'avoir rencontré quelqu'un, mais surtout d'avoir conscience d'au combien c'était précieux.
A. était là désormais, sans préjuger de l'avenir de notre relation, j'avais juste envie de protéger ce petit bonheur naissant, d'en profiter pleinement, de n'en rien gâcher
G. s'assied, nous parlons couple, fidélité et infidélité
je parle de ma relation avec E., je ne cherche pas à donner de leçon, j'explique juste la différence que je faisais entre le fait de coucher ponctuellement ailleurs et d'entretenir des relations plus suivies, notamment dans l'implication et les mensonges inhérents et que tout le monde (E. notamment) ne comprend pas.
j'ai le sentiment qu'il est en train de franchir ce pas, je crois qu'il ne sait tout simplement pas vraiment où il en est : la rigueur liée à la pratique de son art lui a fait mener une vie d'adulte un peu trop tôt, il a découvert son homosexualité directement via un couple solide, il aspire juste à un peu de légèreté, je comprends terriblement ce qu'il ressent, enfin je crois
je réalise aussi combien j'ai pris du recul par rapport à ma propre situation, combien mes envies actuelles, avec A. particulièrement, sont éloignées de ce qu'était devenu ma relation avec E.
je m'éclipse vers 23h, un baiser sur la joue, une accolade un peu plus appuyée, le sentiment d'une balle de tennis en équilibre sur le filet, le vent souffle du bon côté, G. a perdu le point, avantage A. et surtout moi, je le sais en refermant la porte
A. vient de me laisser un sms, je le rappelle dans l'escalier et file chez lui en me perdant dans des petites rues inconnues
je retrouve ses bras avec bonheur, en réfléchissant qu'il est la somme de mes envies, un possible que je distingue parmi les possibles, qu'on ne prend de l'autre que ce que l'on est prêt à recevoir, que j'ai atteint un des objectifs mis en exergue sur mon blog "arrêter de se disperser", que cela tient autant à lui qu'à moi mais que j'en suis terriblement satisfait
sms de G. le lendemain, s'excuse d'avoir été égoïste et maladroit en me disant espérer que je change d'avis, me souhaite beaucoup de bonheur pour cette relation naissante
mais qui n'est pas égoïste et maladroit ?
analphabète du sentiment disait Mnouchkine...
avec A. j'ai envie de réapprendre à lire
grand appartement au dernier étage, ils ont besoin d'espace pour travailler
évidence de la patiente colonisation de l'espace : plantes grimpantes sur le balcon, piles de livres dans le salon, le désordre rejoint l'ordre parce qu'il est naturel,
ultime atout : une vue imprenable sur la tour eiffel, j'ai le réflexe de regarder l'heure, en espérant la voir scintiller : il est 22h15, c'est raté...
je regarde G., son aisance au restaurant est en train de s'estomper, je sens que je suis en terrain glissant, j'annonce mon départ, il semble déçu et se met finalement à nu
il a peur de ressentir de nouveau cette frustration qu'il avait vécu il y a 5 ans que rien ne se passe entre nous
je suis autant estomaqué de ses avances que de comprendre combien j'étais passé à côté de la situation auparavant. Je n'avais à l'époque ressenti aucune envie de sa part, aucun trouble, ou bien je n'avais pas voulu le voir
ma naïveté d'alors (un mec casé = pas disponible) a sérieusement été mise à mal par ma relation avec E., il a visiblement lui aussi mis depuis de l'eau dans son vin...
le schéma qui m'avait, après les opérations (n-1) et (n-2) écartant les cousins machins, conduit logiquement à n = A² (ou 2A ? le couple est une addition ou une factorisation ?) vient de sérieusement dérailler.
une semaine et quelques minutes plus tôt, nous nous serions embrassés avec le scintillement de la tour eiffel pour décor. une nuit ensembles, peut-être d'autres, son mari est souvent absent, les cousins machins me laissent du temps libre, je l'imagine doux et tendre, comme son regard. je suis en train de déceler un air mutin, qui m'avait échappé jusqu'alors
douce ironie de la vie, qui met de l'huile sur le feu au grès des hasards et des coïncidences, des non-dîts et des actes manqués...
était-ce si inconscient que cela de ne pas lui avoir parlé de A. pendant le dîner ?
...
_ je viens de rencontrer quelqu'un
je me suis entendu prononcer ces quelques mots et j'ai réalisé alors le bien que cela me faisait, non seulement d'avoir rencontré quelqu'un, mais surtout d'avoir conscience d'au combien c'était précieux.
A. était là désormais, sans préjuger de l'avenir de notre relation, j'avais juste envie de protéger ce petit bonheur naissant, d'en profiter pleinement, de n'en rien gâcher
G. s'assied, nous parlons couple, fidélité et infidélité
je parle de ma relation avec E., je ne cherche pas à donner de leçon, j'explique juste la différence que je faisais entre le fait de coucher ponctuellement ailleurs et d'entretenir des relations plus suivies, notamment dans l'implication et les mensonges inhérents et que tout le monde (E. notamment) ne comprend pas.
j'ai le sentiment qu'il est en train de franchir ce pas, je crois qu'il ne sait tout simplement pas vraiment où il en est : la rigueur liée à la pratique de son art lui a fait mener une vie d'adulte un peu trop tôt, il a découvert son homosexualité directement via un couple solide, il aspire juste à un peu de légèreté, je comprends terriblement ce qu'il ressent, enfin je crois
je réalise aussi combien j'ai pris du recul par rapport à ma propre situation, combien mes envies actuelles, avec A. particulièrement, sont éloignées de ce qu'était devenu ma relation avec E.
je m'éclipse vers 23h, un baiser sur la joue, une accolade un peu plus appuyée, le sentiment d'une balle de tennis en équilibre sur le filet, le vent souffle du bon côté, G. a perdu le point, avantage A. et surtout moi, je le sais en refermant la porte
A. vient de me laisser un sms, je le rappelle dans l'escalier et file chez lui en me perdant dans des petites rues inconnues
je retrouve ses bras avec bonheur, en réfléchissant qu'il est la somme de mes envies, un possible que je distingue parmi les possibles, qu'on ne prend de l'autre que ce que l'on est prêt à recevoir, que j'ai atteint un des objectifs mis en exergue sur mon blog "arrêter de se disperser", que cela tient autant à lui qu'à moi mais que j'en suis terriblement satisfait
dans la même soirée, quitter un amant, éconduire un prétendant
pour finalement s'endormir dans les bras d'un nouvel amoureux...
ma vie est en page 42 d'un roman de gare Harlequin
pour finalement s'endormir dans les bras d'un nouvel amoureux...
ma vie est en page 42 d'un roman de gare Harlequin
sms de G. le lendemain, s'excuse d'avoir été égoïste et maladroit en me disant espérer que je change d'avis, me souhaite beaucoup de bonheur pour cette relation naissante
mais qui n'est pas égoïste et maladroit ?
analphabète du sentiment disait Mnouchkine...
avec A. j'ai envie de réapprendre à lire

Commentaires
avec cette phrase tu traduis toutes les inconues des equations sentimentales.
c'est tres beau, et j'espere que la fin continue bien.
vive l'île de Ré et à mort le ski !
Maman est fière de toi et pleure de joie!
Son gendre est fantastique!
Il est beau, il marche sur l'eau.
Impossible de laisser un commentaire sur Firefox sous mac.
je proteste vivement!
vive le printemps!
@ miz : en plus y'a pas de neige
@ maman chondre : non je n'ai pas fait tout l'alphabet !!
@ ioio : merci ! je te prédis un printemps pour bientôt aussi
@ joss : j'en suis ravi
@ ikare : situation courante tu crois ?
@ fcrank : moi non plus j'aime pas les maths... ça devrait être plus simple maintenant
@ sameplayer : pas forcément envie de faire un blog de bisounours donc ma pudeur naturelle me pousse à ne pas continuer le feuilleton
@ mich" : tout heureux oui, grâce à A.